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Sports de combat et ostéopathie: les risques spécifiques, statistiques et prise en charge.

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Patients, Patientes, un petit article sur les sports de combat, que vous êtes nombreux à pratiquer ! Que ce soit le sport de percussion avec pieds-poings comme la boxe française (mais aussi la boxe américaine, la boxe thaï, le kung-fu, karaté, taekwondo…), ou d’autres arts martiaux comme le judo, chacun est conscient du risque qu’il prend lors de sa pratique sportive.

J’essaierai dans cet article de synthétiser un maximum les données récupérées de la littérature actuelle au sujet des blessures retrouvées lors des sports de combat. Mon choix s’est porté principalement sur les études statistiques (rares) des pathologies rencontrées chez les boxeurs, et leur prévention.

“devenir boxeur”  GAGNON  Département sociologie Mai 2009

« Le boxeur semble au premier abord un être marginal. Il pratique l’un des sports les plus violents qui soient, selon les clichés et stéréotypes voulant que le boxeur cherche uniquement à mettre son adversaire au tapis en usant de ses poings, sans véritable discernement. Si le boxeur ne se prive pas de gestes apparemment violents, il doit néanmoins savoir mouvoir son corps en faisant preuve d’adresse et de précision afin de donner grâce et fluidité à ses mouvements et gestes. Cela force paradoxalement l’admiration, du fait qu’il maîtrise ce corps avec brio. Or, on oublie que celui-ci s’est rompu à la boxe au prix d’un rude entraînement en gymnase ou dans un club de boxe, selon l’expression familière. Les vifs exercices au programme se déroulent sous la direction de l’entraîneur, certes, mais également avec l’aide — délibérée ou non — d’autres boxeurs qui, en l’occurrence, se révèlent partie prenante de l’acquisition de l’habitus pugilistique. »

Selon André Monroche, médecin du sport,

http://www.chups.jussieu.fr/polys/dus/dusmedecinedusport/dupromotionsportetsante2011/risquesspecifiquedelaboxefrancaiseAMonroche.pdf

Source H. TISAL in Arts Martiaux et Sports de Combat Tome I, Ed INSEP 1998 – Tome II – 2005

La durée des combats est un facteur qui détermine le type d’entraînement mais aussi la fréquence et l’importance des incidents (en effet la durée varie selon les sports, par exemple : Boxe professionnelle jusqu’à 12 reprises de 3 mn avec des périodes de repos de 2 mn ; Boxe anglaise amateur  5 rounds de 2 mn avec 1 mn de repos entre les rounds ; Boxe américaine 3, 5, 7 ou 12 rounds ; Savate boxe française  5 fois 2 mn avec des périodes de repos de 1 mn ; Boxe thaïlandaise 3 reprises de 3 mn).

Pourquoi la boxe est un sport complet ?

Chez le boxeur, plusieurs sphères ostéo-articulaire et musculaires sont directement et indirectement visées en fonction des contraintes qui s’exercent sur elles. Voici un listing rapide des coups réalisés à la boxe. Nous pouvons facilement imaginer  leurs actions éventuelles sur le complexe ostéo-articulaire et musculo-aponévrotique (je précise qu’il n’existe pas, à ma connaissance, d’études démontrant que tel coup délivré entraine telle ou telle contrainte sur le corps humain).

Le Direct : coups délivrés par extension du bras, la frappe s’effectue avec la tête des métacarpiens suivant une trajectoire rectiligne au corps ou à la face.

Le Crochet : coups de poings latéraux délivrés le bras fléchi. L’impulsion est donnée par l’épaule et la rotation du tronc

Les Uppercuts : coups de poings circulaires délivrés de bas en haut, en corps à corps ou en demi-distance.

Le Swing : coups larges se délivrant à distance dans un mouvement de balancé latéral

Le Fouetté : coup de pied circulaire qui se porte avec le pied en extension, orteils relevés de la jambe avant et de la jambe arrière

Le Revers : coup de pied qui se donne soit de côté avec la semelle du pied en extension, soit de face avec le tranchant externe du pied en extension

Le Balayage : attaque des points d’appui de l’adversaire en cherchant à le projeter à terre

Le Coup de pied bas : coup porté de la jambe arrière avec le tranchant interne du pied en extension sur la jambe avant de l’adversaire à mi-hauteur du tibia. La trajectoire du pied est pratiquement rectiligne.

Le Chassé : flexion de la cuisse sur le tronc de la jambe sur la cuisse et du pied sur la jambe. La frappe s’effectue avec le talon suivant une trajectoire rectiligne.

Prise en charge en ostéopathie, quels troubles organiques et fonctionnels ?

Nous détaillerons uniquement les troubles fonctionnels que nous pouvons retrouvés dans notre prise en charge ostéopathique.

Selon l’INSEP – département médical années 1999-2003, les statistiques sont clairs, en Boxe Française, on retrouve comme principaux motifs de consultation ceux locomoteur, ORL puis dermato.

Concernant les motifs de consultation locomoteurs, on retrouve d’abord les pathologies articulaires, puis musculaire et enfin tendineuse et ligamentaire :

–           56 % de motifs du membre inférieur (MI) c’est-à-dire genou/cheville puis cuisse, pied puis hanche.

–           30%  MS membre supérieur : d’abord la main puis l’épaule.

–          11% rachis

–          thorax puis crane.

Parmi ces motifs de consultations, il faudra savoir reconnaitre les pathologies traumatiques dites organiques de celles fonctionnelles pour pouvoir réorienter correctement notre patient et lui administrer les meilleurs soins.

Voici un listing des pathologies organiques et fonctionnelles que nous pouvons retrouver chez le boxeur :

Traumatismes maxillo-faciaux : à réorienter

–          Epistaxis

–          Fracture du nez

–          Contusion

–          érosions et plaies du visage (se méfier des fractures du plancher sous-orbital et des fractures dentaires)

–          tous les risques ophtalmologiques comme accident de l’orbite.

Source :Traumatologie des sports de combat M. Egoumenides

Traumatismes du rachis et du tronc :

–          le plus souvent dérangement intervertébral mineur (D.I.M, par le mécanisme de mouvements répétés en hyper-extension et l’application de charge répétées en L5-S1) : prise en charge par l’ostéopathe

–          contusions chondro-costales et fractures 1ère et 2ème côtes

–          fracture du foie et de la rate

–          déchirure des pectoraux et de la poitrine.

Traumatismes des membres supérieurs :

–          entorse et luxation acromio-claviculaire : prise en charge par l’ostéopathe selon le degré d’atteinte

–           choc direct ou chute avec fracture clavicule et luxation épaule.

–          fracture de Bennet, luxation du pouce ou entorse.

–          kyste synovial du poignet (chute en flexion, apparition d’une boule élastique douloureuse sur le dos du poignet)

–          tendinite du long biceps (coups de poing répétés dans le vide)

–          lésion de la coiffe des rotateurs lésions de la coiffe des rotateurs (rotateurs externes) : prise en charge ostéopathique en fonction du degré d’atteinte.

 

 Traumatismes des membres inférieurs :

–          entorse du genou (rare) : prise en charge par l’ostéopathe selon le degré d’atteinte

–          contusion directe du quadriceps (fouettés, chassés)

–          luxation des péroniers latéraux

–          fracture de la tête du 5ème méta

–           entorse sous-astragalienne, entorse LLE : prise en charge par l’ostéopathe selon le degré d’atteinte

–          Pubalgie : prise en charge par l’ostéopathe

–          Douleur de hanche (souvent coxarthrose)

–          Ischio-jambiers : déchirure, élongation, contracture, selon le stade l’ostéopathe pourra prendre en charge ou non (rester en flexion sur la jambe d’appui lors du coup de pied).

–          Ligaments croisés du genou + ménisques (prise en charge selon le stade de la lésion), syndrome rotulien.

–          Aponévrosite plantaire et périostite

http://www.medecinedusportconseils.com/2014/12/23/la-main-du-boxeur-pathologie-de-la-main/

http://www.bckarate.fr/new/index.php/dojo/pathologies-prevention

Conclusion des pathologies fonctionnelles retrouvées :

La principale pathologie fonctionnelle que l’ostéopathe pourra retrouver chez le boxeur est bien la lombalgie. Pourquoi ? Voici une des réponses (extrait choisi par mes soins d’après la thèse de neuro-chirurgie « sport et le risque de traumatisme » Faculté de médecine – casablanca 2006 HAMRI et « Sport et biomécanique rachidienne : conduite à tenir devant un traumatisme rachidien chez le sportif »).

« Le rachis peut se comporter soit comme générateur actif, soit comme conducteur passif de forces appliquées au reste du squelette. Au cours de l’exercice physique, le rachis est sujet à des charges rapides et répétitives. Il peut en résulter des lésions chroniques ou aiguës même chez les athlètes entraînés. En effet, l’une des propriétés biomécaniques importantes du rachis est la viscoélasticité. Cette propriété permet une déformation continue des tissus lorsque la force appliquée est lentement progressive. L’effet pratique qui s’ensuit est que le système peut absorber plus d’énergie si le temps lui en est donné. Cette situation est malheureusement rarement rencontrée en pratique sportive. Schématiquement on peut considérer que le rachis est fait de deux types de tissus différents : l’os et les tissus mous. Les propriétés biomécaniques de ces tissus diffèrent totalement, les capacités de résistance de l’os étant plus importantes en compression qu’on tension, alors que c’est le contraire pour les tissus mous. […] Les contraintes imposées lors des torsions lombaires sont principalement localisées dans la partie postérieure et latérale du disque intervertébral et entraînent les premières fissures qui peuvent être assimilés à des entorses bénignes. Leur extension et leur multiplication finissent par donner l’aspect de disques dégénérés, multifissurés. L’extension de la rupture aux couches les plus périphériques déterminent l’équivalent d’une entorse grave intercorporéale, plus responsable des lombalgies discales aiguës et chroniques par la lésion elle-même et le tissu cicatriciel qu’elle entraîne, que par une éventuelle effraction de matériel nucléaire. […]Le rôle biomécanique des articulations postérieures interapophysaires semblent plus jouer un rôle de pivot qu’un rôle dans la diminution des mouvements de rotation. »

L’IMPORTANCE DE LA PREVENTION

Pourquoi le travail pluridisciplinaire entre entraîneur, préparateur, sphère médicale et paramédicale est nécessaire ?

La préparation physique doit être progressive, adaptée et contrôlée (intérêt également de la préparation mentale, sans les dérives). Il doit y avoir un bon aménagement du matériel (enceintes, tapis, gants, chaussage) ainsi qu’un environnement médical et paramédical synchronisé (exemple : au moindre doute de commotion, arrêt transitoire ou définitif de la compétition, respect du temps de récupération, suivi etc.)

La prévention se fait aussi par un échauffement correct, des assouplissements, un renforcement des muscles du cou mais pas que. La région lombaire participe aussi énormément à l’effort sportif. Elle encaisse un maximum de pressions et subit des déformations importantes pendant l’effort. Elle est par nature plus rigide que la zone dorsale et doit être spécifiquement préparée. Sa puissance musculature, sa rotation synergique ou non avec la sangle abdominale en font un élément essentiel de la statique et de la dynamique du dos.

Le port d’un stabilisateur lombaire peut être souhaitable dans certains cas chez le sportif alerté. Il en existe de très pratiques (gonflables et adaptables à l’effort), qui préviennent les mouvements excessifs de la colonne lombaire.

Petites choses à proscrire en fonction des douleurs :

Pour les croisés, proscrire les balayages et projections entraînant des contraintes transversales du genou, se protéger des low kicks par rotation interne du genou, se rappeler que les rotations du genou ne sont permises que lors de la flexion du genou. Celui-ci est instable en flexion tout comme la cheville en extension, cette instabilité mécanique doit alors être contrée par une stabilisation musculaire et proprioceptive.

Pour un syndrome rotulien (tendinite rotulienne) : éviter les flexions importantes du genou en charge jusqu’à disparition de la douleur. Prudence dans la prise et la sortie de la position du salut à genoux (risque d’aggravation des lésions méniscales préexistantes).

Pour les lombaires : éviter de se pencher en avant lors des projections, travailler les techniques de soulèvement en plaçant son centre de gravité sous celui du partenaire projeté puis utiliser ses cuisses.

Sources :

« L’observatoire du mouvement, le pied du sportif » Juin 2005

E. Delmas, «Les pathologies traumatiques sportives du coude, du genou et de la cheville et leurs contentions. L’application et les conseils du pharmacien.» Université de Nancy, Nancy, 2001.

J.-L. Lerat, «Orthopédie | Polycopié national du collège des enseignants,» [En ligne]. http://www.fascicules.fr/data/consulter/orthopedie-polycopie-pr-lerat-05- genou%20.pdf. [Accès le 19 Décembre 2014].

C. Castelain, M. Christofilis, M. Jayankura, C. Samaha et S. Zouaouy, «FMPMC-PS – Orthopédie – Questions d’internat,» http://www.chups.jussieu.fr/polys/orthopedie/polyortho/POLY.Chp.9.html. [Accès le 19 Décembre 2014].

 

 

 

 

 

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