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Trottinette, Roller et autres objets à roulettes : bénéfices et pathologies spécifiques.

Cela fait quelques temps que je vois, bien rangées devant la porte du cabinet, les trottinettes des enfants mais aussi des adultes que je reçois.


Même si celle-ci reste un jouet de référence pour les enfants, elle est de plus en plus utilisée au quotidien par les adolescents et les adultes. Avant tout utilisé comme un mode de transport, les trottinettes classiques permettent de se déplacer dans les villes (moyenne de 10 km/h). Il existe également des modèles spécifiques permettant d’effectuer de véritables randonnées ou longues distances (20 km/h).

Dès le plus jeune âge les trottinettes sont utilisées et stabilisées par 3 roues. Elles sont légères et maniables, et équipées de frein arrière pour sensibiliser les enfants sur les questions de vitesse et de sécurité ! C’est un outil très intéressant pour le développement de la motricité fine des enfants !


L’apparition du phénomène trottinette a entraîné des pathologies propres à ce type d’activité chez les enfants. Une étude réalisée dans un service de chirurgie pédiatrique sur une année nous a permis de constater que chez les garçons entre 10 et 13 ans il existait : « 63% de lésions simples, 31% de fractures dont un tiers ont nécessité une prise en charge chirurgicale. Les atteintes prédominent à la tête, plus particulièrement au visage, ainsi qu’à la cheville et au poignet. Au moins 45% des accidents sont survenus sur la voie publique, avec un mécanisme de collision dans un tiers des cas, dont plus de la moitié avec un véhicule. Les chutes en descente, suite à un problème de freinage ou une perte d’équilibre représentent 33% du collectif, et 15% sont liés à des problèmes mécaniques ou de manipulation liés à la structure de l’engin. Dès à présent, on peut dire que la gravité des traumatismes peut être atténuée par le port de protections à la tête (visage), aux chevilles et aux poignets. La pratique de la trottinette dans la circulation doit être évitée, puisqu’elle met en danger la vie et entraîne des lésions graves ».

Les trottinettes entraînent une majorité de lésions mineures, puisque les scientifiques ont enregistré 63% de lésions simples, et 85,2% des lésions ont été résolues en moins de quatre semaines. D’où l’intérêt de l’ostéopathie dans la prise en charge des enfants pratiquant la trottinette et autres objets roulants ! Ces pathologies dites « mineures » (lésions musculaires, tendineuses, ostéo-articulaires légères ne nécessitant pas de chirurgie ou de traitement lourd) sont celles que nous retrouvons tous les jours au cabinet !

La pratique de la trottinette n’est donc pas si anodine que cela ! Une difficulté se présente au premier abord, surtout chez les adultes, et doit être prise en compte immédiatement : le mouvement est asymétrique. L’apprentissage de la propulsion sans préférence de côté s’impose et le mouvement du changement de pied doit être intégré le plus vite possible. Sans cette précaution, un déséquilibre multifactoriel se produira à court terme. Au long terme, nous retrouverons en consultation divers maux associés à une mauvaise pratique comme :

  • Une musculature différente des jambes en raison de la spécialisation droite/gauche = efforts statiques d’un côté et dynamiques de l’autre ;
  • Des problèmes veineux amplifiés très nettement dans la jambe statique pour les personnes touchées par une Angio-pathologie (Varice) ;
  • Une déformation du Rachis (Scoliose) ;
  • Un risque augmenté d’apparition de tendinites sur la jambe dynamique.

Les techniques de changement de pied sont multiples et varient non seulement en fonction de la pratique mais surtout en fonction du terrain et de la vitesse de déplacement. Une terminologie s’est mise en place avec les termes,  « flying dutchman » pour le changement de pied sauté et le talon-pointe pour le changement standard.


Chez les adultes, les impacts monopodaux répétés dû à la trottinette entraînent des douleurs sacro-iliaques d’origine mécanique comme pour les activités répétitives impliquant cisaillement du bassin et forces en torsion (golf, tennis, cyclisme), ou certaines postures désaxées (port d’un bébé sur la hanche, station debout déhanchée). Néanmoins, le bénéfice de la trottinette (10 minutes par jour) a été démontré pour reprendre doucement une activité physique et variée. Pour ceux qui souhaiteraient renforcer leur fessier et toute la chaîne musculaire postérieure de jambe, durant la phase de poussée, il faudra allez chercher le plus loin possible derrière en relevant la jambe. Ce travail de renforcement doit être spécifique à chacun suivant sa morphologie.

Physiquement et techniquement, le travail pluridisciplinaire entre médecin, kiné, podologue, préparateur physique, entraineur et ostéopathes permettra une prise en charge globale des enfants – ado – adultes et enfin des athlètes.




    Sources:
  • DOULEURS SACRO-ILIAQUES D’ORIGINE « MECANIQUE » : revue générale et nouveaux concepts / par Jean-François SALMOCHI1 clinique Lyon réadaptation fonctionnelle
  • Accidents de trottinette chez l’enfant et l’adolescent : résultats préliminaires par Reinberg A. Mankovsky C. Cardinaux M. Mendoza-Sagaon J. Hohlfeld – Rev Med Suisse 2001; volume -3.21474
  • https://www.allodocteurs.fr/bien-etre-psycho/sport-et-sante/le-retour-gagnant-de-la-trottinette_18814.html
  • http://archives.ffroller.fr/randonnee/randonnee-evenements/urban-roller/432-outils-dirigeants/artistique/4928-troubles-plantaires.html

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